Deux publications ont récemment tenté de jeter le doute sur le traitement journalistique du dossier OGP, en particulier sur le bilan du DG sortant Aladji Cellou Camara. Un examen des faits s’impose.
Ce 7 juillet, Thierno Amadou M’Bonet Camara publie un article invitant l’opinion à la méfiance envers « les trop beaux articles » consacrés à l’OGP, s’appuyant sur les propos d’un confrère, Almamy Kalla Conté, qui évoque, lui, un supposé parti pris de la presse en faveur d’Aladji Cellou Camara en pointant la question de savoir qui, du DG ou de son adjoint, autorisait les décaissements de fonds.
Deux remarques s’imposent.
D’abord, sur la forme : aucun de ces deux textes n’apporte un fait nouveau. Ils se citent l’un l’autre, s’appuient sur des suppositions déjà présentes sur les réseaux sociaux, et posent une question – qui donnait les ordres de décaissement – sans y répondre, en renvoyant simplement à une procédure CRIEF dont l’issue est encore inconnue. Poser une question n’est pas une preuve ni un nouvel élément de réponse.
Ensuite, sur le fond, il y a un problème de crédibilité qui n’est pas anodin. Thierno Amadou M’Bonet Camara n’en est pas à sa première sortie contestée sur ce dossier précis. En juin 2025, il avait publié des accusations de détournement et d’incendie visant Thierno Mamadou Bah, président du Conseil d’administration de l’OGP et conseiller personnel du chef de l’État.
Des accusations pour lesquelles il a fait l’objet d’une garde à vue de 48 heures à la DPJ, avant de publier un mea-culpa reconnaissant des « insinuations tendancieuses, inexactes et sans aucun fondement », et de présenter des excuses qu’il qualifiait lui-même « des plus plates et des plus sincères ».
Un journaliste qui a dû se rétracter publiquement pour diffamation contre le PCA de l’OGP se retrouve aujourd’hui à réécrire, un an plus tard, sur le même établissement, en s’appuyant cette fois sur un confrère plutôt que sur des faits vérifiés. Le naturel revient parfois au galop.
Quand les rédactions les plus établies du pays convergent dans leur lecture d’un dossier, ce n’est généralement pas le fruit du hasard ou d’un parti pris collectif. C’est que les faits eux-mêmes pointent dans cette direction. Deux publications qui peinent à réunir une audience significative ne changent pas cette réalité en la répétant à deux voix.
Le bilan chiffré d’Aladji Cellou Camara à la tête de l’OGP reste, lui, versé au dossier public : des documents comptables, des faits datés. Face à cela, une question sans réponse et un appel à la méfiance ne pèsent pas lourd.
Quand Aladji Cellou Camara prenait les rênes de l’OGP en décembre 2024, la structure croulait sous 80 milliards de francs guinéens de dettes, dont six mois de salaires impayés. Dix-huit mois après, le constat est sans appel : 14 milliards de créances antérieures soldées sans le moindre nouvel emprunt, 14 milliards versés au Trésor public, 35 milliards de masse salariale réglés intégralement, et une trésorerie de 13 milliards au 30 juin 2026 – soit plus de six fois le capital social de l’entreprise. Premier recensement et première digitalisation du parc publicitaire national depuis 1986, motorisation inédite de toutes les agences : autant de chantiers jamais menés auparavant, réalisés sans le moindre licenciement et sans la moindre baisse de salaire.
Un tel parcours doit valoir à son auteur des éloges. Si les sites internet les plus sérieux du pays s’accordent aujourd’hui, ce n’est pas par sympathie pour un homme, mais par fidélité aux chiffres. On peut ne pas l’aimer, mais il faut reconnaître que Aladji Cellou Camara laisse derrière lui un bilan remarquable.
Sambégou Diallo, pour lesfaits224.com
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