Mercredi 7 octobre 2023, les autorités sri-lankaises ont placé en détention provisoire Shiranthi Rajapaksa, ancienne Première dame, pour suspicion de détournement de fonds publics. L’incarcération a eu lieu au centre pénitentiaire de Colombo, quelques heures après l’émission d’un mandat d’arrêt signé par le juge de la Cour supérieure.
Cette mesure s’inscrit dans une série d’enquêtes qui ciblent la famille Rajapaksa, autrefois au sommet du pouvoir sous le mandat du président Mahinda Rajapaksa, époux de Shiranthi, entre 2005 et 2015. Les procureurs allèguent que des comptes offshore, créés au nom de sociétés fictives, auraient servi à siphonner plusieurs dizaines de millions de dollars provenant de projets d’infrastructure et de subventions étrangères. Les dossiers judiciaires, déjà ouverts sur le frère du couple, Gotabaya Rajapaksa, et sur d’autres membres du clan, ont été renforcés par des révélations d’un lanceur d’alerte interne aux services fiscaux.
L’annonce de l’arrestation a déclenché des réactions vives à l’intérieur du pays. L’opposition, menée par le parti du parlementaire Anura Kumara Dissanayake, a salué la décision comme une victoire de la justice sur l’impunité. En revanche, les partisans du Rajapaksa ont dénoncé une « chasse aux sorcières » orchestrée par des forces politiques hostiles. Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont appelé à garantir le respect du droit à un procès équitable. Le ministère des Finances a indiqué que les investigations pourraient concerner jusqu’à 120 millions de dollars, chiffre qui, s’il est confirmé, placerait l’affaire parmi les plus importantes affaires de corruption de l’histoire récente du Sri Lanka.
Les prochains jours seront décisifs. La première audience, prévue le 15 octobre, déterminera si la mise en détention provisoire sera maintenue ou si Shiranthi Rajapaksa pourra être libérée sous caution. Le tribunal devra également trancher la demande de la défense visant à obtenir la saisie de documents financiers jugés sensibles. Parallèlement, les partenaires internationaux, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, surveillent de près l’évolution du dossier, craignant que les allégations de détournement n’entravent les programmes d’aide économique du pays. Une éventuelle condamnation pourrait bouleverser les dynamiques politiques à l’approche des élections présidentielles de 2024, où le parti Rajapaksa espère un retour au pouvoir.
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