Le passage en force de milliers de migrants à la frontière de Ceuta a relancé les interrogations sur la volonté du Maroc de coopérer avec l’Espagne pour endiguer les flux migratoires. Le 17 mai dernier, cette ville autonome espagnole située en Afrique du Nord a été prise d’assaut par une marée humaine en provenance du Royaume chérifien. Les images de cette ruée massive vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ont fait le tour du Monde, ravivant les désaccords historiques entre Madrid et Rabat. L’Espagne, qui accuse le Maroc de laxisme dans la gestion de ces flux, a décidé de renforcer les mesures de sécurité à ses frontières avec le Royaume chérifien. Les deux pays sont ainsi aux prises avec une crise migratoire qui pourrait durablement tendre leurs relations, déjà mises à l’épreuve par des différends territoriaux et des désaccords sur la question du Sahara occidental. Le Maroc, qui revendique la souveraineté sur ces territoires, accuse l’Espagne de ne pas prendre suffisamment en compte ses préoccupations. Les réactions des deux pays sont contrastées : l’Espagne a dénoncé une ‘agression’ migratoire, tandis que le Maroc a accusé Madrid de ‘xénophobie’ et de ‘discours racistes’. Les chiffres sont alarmants : plus de 8 000 migrants ont réussi à pénétrer à Ceuta en l’espace de quelques heures, mettant à rude épreuve les capacités d’accueil de la ville. Les conséquences de cet événement sont déjà visibles : les relations diplomatiques entre les deux pays sont au point mort, et les échanges commerciaux pourraient en pâtir. Le Monde retient son souffle, attendant de voir comment cette crise va évoluer. Le roi du Maroc, Mohammed VI, a décidé de rappeler son ambassadeur à Madrid, alors que le gouvernement espagnol a décidé de déployer des renforts militaires à Ceuta. Les jours à venir seront décisifs pour l’avenir des relations entre ces deux pays voisins.
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