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Enseignement supérieur : on préfère les résultats aux résonances

Depuis sa nomination à la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à la faveur du récent remaniement gouvernemental, Mme Djami Diallo a fait un choix qui, dans le contexte guinéen actuel, relève presque de la rupture : celui du travail discret, loin des projecteurs et des mises en scène. Ce choix mérite d’être salué, et surtout compris.

Un département stratégique, trop souvent sous-estimé
L’enseignement supérieur et la recherche scientifique ne sont pas un secteur parmi d’autres. C’est le laboratoire où se prépare l’avenir d’un pays : la formation des cadres, l’innovation, la compétitivité de la Guinée sur le plan régional et continental s’y jouent. Confier ce portefeuille à Mme Diallo, c’est reconnaître l’importance capitale qu’accorde le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, à la refondation du système éducatif supérieur guinéen. Ce n’est pas un ministère de vitrine ; c’est un ministère de fondations. Et les fondations, par nature, ne se construisent pas sous les flashs.

La rupture avec la culture de la vitrine
Il faut le dire sans détour : notre administration publique a longtemps souffert d’une confusion entre communication et action. Trop souvent, le moindre déplacement, le moindre conseil de cabinet, la moindre visite de courtoisie faisaient l’objet d’une mise en scène soigneusement orchestrée sur les réseaux sociaux – photographies en grand format, éléments de langage calibrés, mise en avant systématique de l’individu plutôt que de l’institution. Cette culture du paraître a fini par donner l’illusion que l’activité se mesurait au nombre de publications Facebook, et non aux résultats tangibles sur le terrain.
Mme Djami Diallo a tourné le dos à cette pratique. Elle a fait le pari, risqué en apparence mais fondamentalement sain, de la sobriété. Un pari qui dérange forcément ceux qui avaient fait de la communication permanente un mode de gouvernance.

Le silence n’est pas l’inaction
C’est là que réside le malentendu – ou, pour être plus précis, la manipulation de certains esprits qui confondent absence de bruit et absence de travail. Dans toute administration sérieuse, à travers le monde, les réformes structurelles, les audits internes, les négociations avec les partenaires techniques et financiers, la refonte des curricula ou la restructuration des capacités d’accueil universitaires ne se font pas en direct sur les réseaux sociaux. Elles se font dans les bureaux, dans les commissions, dans les échanges avec les recteurs, les doyens et les partenaires internationaux. C’est un travail de fourmi, exigeant, méthodique, souvent invisible – et c’est précisément cette invisibilité que d’aucuns interprètent, à tort, comme de la léthargie.

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Or l’histoire administrative regorge d’exemples où la discrétion a précédé les résultats les plus probants. Un ministre qui communique moins n’est pas un ministre qui agit moins ; c’est souvent un ministre qui a compris que la crédibilité d’une action publique se mesure à son impact, non à sa couverture médiatique.

Une méthode qui interroge, et qui devrait inspirer
Il serait injuste, et intellectuellement malhonnête, de juger une gestion ministérielle sur la base de sa présence – ou de son absence – sur les réseaux sociaux. La rigueur, le pragmatisme et la retenue dont fait preuve Mme Diallo méritent d’être appréciés à leur juste valeur, et non instrumentalisés par ceux qui, habitués à un tout autre style de gouvernance, peinent à s’adapter à cette nouvelle grammaire du service public.
Le temps, seul juge impartial de l’action publique, tranchera. Mais une chose est d’ores et déjà certaine : gouverner sans bruit n’a jamais signifié gouverner sans effet.
Par Marcel Loua, pour lesfaits224.com


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