Du banc de l’université aux palais de justice : la naissance d’une vision. Un parcours forgé dans l’exigence, entre formation solide, engagement citoyen et passion du service public.
Il est des magistrats dont le nom reste associé à une fonction. Et puis il y a ceux dont le parcours finit par raconter une certaine idée de la justice.
En Haute-Guinée, le nom de Marwane Baldé s’est progressivement imposé dans cette seconde catégorie. Non pas par une recherche de lumière, mais par une succession d’initiatives, de méthodes et de prises de responsabilités qui ont contribué à faire évoluer la perception du rôle du ministère public.
Son parcours n’est pas celui d’un homme arrivé par hasard au sommet d’une juridiction stratégique. Il est celui d’un magistrat formé dans la rigueur, nourri par une réflexion moderne sur l’autorité de l’État, et convaincu que la justice ne peut être forte que lorsqu’elle est à la fois respectée, accessible et proche des citoyens.
Aujourd’hui Procureur général près la Cour d’appel de Kankan, couvrant un vaste ressort comprenant notamment les régions de Kankan, Faranah et N’Zérékoré, Marwane Baldé incarne une génération de magistrats pour lesquels l’autorité judiciaire ne se limite pas aux salles d’audience. Elle doit se voir sur le terrain.
Une formation placée sous le signe de l’État de droit
Avant d’être un responsable judiciaire reconnu, Marwane Baldé est d’abord un produit de l’école guinéenne.
Après son passage par l’établissement Komandjan Keita (KK3), il poursuit ses études supérieures à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, au sein de la Faculté des sciences juridiques et politiques.
C’est dans cet environnement universitaire qu’il forge les bases intellectuelles d’un engagement qui marquera toute sa carrière.
Son mémoire de fin d’études, consacré à la question de « la restauration de l’autorité de l’État », apparaît déjà comme un révélateur de ses préoccupations profondes : le rapport entre institutions, citoyens, sécurité et justice.
Un thème qui, des années plus tard, deviendra le fil conducteur de son action professionnelle.
Après sa réussite au concours d’accès à la magistrature, il intègre le Centre de formation et de documentation judiciaire (CFDJ) de Conakry.
Très vite, ses qualités humaines et professionnelles sont remarquées par ses collègues. Il est élu chef de la troisième promotion des magistrats en formation, signe d’une capacité à fédérer et à porter une vision collective.
Lors de la prestation de serment de sa promotion devant la Cour d’appel de Conakry, il intervient également comme délégué et porte-parole de ses pairs.
Un rôle qui traduit déjà une disposition particulière : celle de représenter, rassembler et convaincre.
L’ouverture internationale : une expérience au service de la justice guinéenne
La formation de Marwane Baldé ne s’arrête pas aux frontières nationales. Grâce à une bourse du gouvernement français, il rejoint l’École nationale de la magistrature (ENM) de Paris, l’une des institutions judiciaires les plus prestigieuses au monde.
Cette expérience lui permet d’approfondir ses connaissances, de découvrir d’autres méthodes de travail judiciaire et d’observer une autre forme d’organisation.
Il effectue également un stage pratique au Tribunal de grande instance d’Amiens, une immersion qui enrichit sa compréhension des mécanismes judiciaires modernes.
De cette expérience internationale, il retiendra notamment l’importance de l’organisation, du suivi des procédures, de la formation continue et de la coordination entre les différents acteurs de la chaîne pénale.
Autant d’éléments qui apparaîtront plus tard dans sa manière de diriger les juridictions où il sera appelé à servir.
Les premières responsabilités : apprendre le terrain avant de commander
La carrière de Marwane Baldé se construit ensuite progressivement au contact des réalités judiciaires guinéennes.
Il débute notamment à Dubréka comme juge d’instruction puis substitut du procureur.
Dans cette juridiction, confrontée à diverses formes de criminalité et de contentieux, il découvre les exigences concrètes du métier de magistrat : enquêter, décider, protéger les victimes et faire respecter la loi.
Son passage à Labé vient compléter cette expérience avant une première étape majeure : sa nomination comme Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan.
C’est dans cette ville historique de la Haute-Guinée que son style va véritablement se révéler.
À Kankan, il ne conçoit pas la fonction de procureur comme un simple rôle administratif.

Pour lui, le parquet doit être une institution active, capable d’anticiper les difficultés, de dialoguer avec les acteurs locaux et de répondre rapidement aux préoccupations des citoyens.
Cette approche contribue progressivement à modifier le rapport entre la population et l’institution judiciaire.
Une justice ouverte aux réalités de la société
Avant même son entrée définitive dans la magistrature, Marwane Baldé avait déjà manifesté un intérêt pour les questions citoyennes.
Il est notamment à l’origine de la création de la Coordination des Jeunes à la Base (CJB), une organisation tournée vers l’engagement de la jeunesse.
Cette expérience dans la société civile lui permet de développer une connaissance particulière des réalités sociales, des attentes des jeunes et des mécanismes de mobilisation communautaire.
Elle nourrit également une conviction qui accompagnera son action judiciaire : une institution ne peut durablement fonctionner sans dialogue avec la société qu’elle sert.
Cette culture du contact expliquera plus tard ses relations avec les sages, les leaders communautaires et les différentes composantes de la population de Kankan.

Le retour à Kankan : une nomination porteuse d’espoir
Lorsque le décret D2025/0261/PRG/SGG le nomme Procureur général près la Cour d’appel de Kankan en décembre 2025, cette promotion vient consacrer un parcours construit étape par étape.
Mais au-delà de la décision administrative, c’est l’accueil réservé au magistrat qui marque les esprits.
À son retour à Kankan, une importante mobilisation populaire accompagne son arrivée. Des citoyens, des jeunes, des notables et différentes composantes de la société locale tiennent à saluer celui qu’ils considèrent comme un magistrat proche du terrain. Une scène rare pour un responsable judiciaire.
Elle traduit une réalité : au-delà des fonctions officielles, une relation de confiance s’était déjà installée entre l’homme et une partie de la population.
Lors de son installation officielle à la tête du parquet général, Marwane Baldé place son action sous le signe de l’engagement républicain.
Il insiste sur la nécessité d’une justice ferme, mais respectueuse des droits humains ; d’une justice efficace, mais guidée par les règles de procédure ; d’une justice capable de protéger les citoyens tout en consolidant l’État de droit.
Une ligne directrice qui annonce les grandes actions qui vont suivre. Car pour Marwane Baldé, la nomination n’est pas une fin. C’est le début d’une mission.
(À suivre…)
Dossier compilé par la rédaction de lesfaits224.com, à l’occasion de la conférence des procureurs qui se tient du 15 au 17 juillet 2026 au palais du peuple de Conakry. Loin d’être un panégyrique, ce Dossier sera déroulé tout au long de la conférence, en reconnaissance des actions et du leadership du Procureur Général Marwane Baldé (quelques clichés de la conférence des procureurs):










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