Les chauffeurs et les passagers qui empruntent la voie Kankan‑Kissidougou depuis le 28 août 2026 se heurtent à un vrai chaos. Boue profonde, pannes fréquentes et délais qui s’allongent de plusieurs heures à plusieurs jours caractérisent le tronçon le plus fréquenté de la liaison Haute‑Guinée‑Forêt.
Cette route, longue de 210 km, relie la ville de Kankan, capitale de la région du même nom, à Kissidougou, porte d’entrée du sud‑ouest guinéen. Dès le début de la saison des pluies, le 1er mai 2026, les pluies torrentielles ont transformé les bas‑coulées en fossés impraticables. Le ministère des Transports, représenté par le ministre Mamadi Camara, a reconnu que 68 % du revêtement du tronçon central, entre les villages de Boffa‑Boké et de Boffa‑Koura, était détérioré. Selon le Bureau national des routes (BNR), le nombre d’incidents liés à la boue a grimpé de 45 % en comparaison avec la même période en 2025.
Les usagers dénoncent des temps de parcours qui passent de 8 heures en saison sèche à plus de 20 heures sous la pluie. Les transporteurs de marchandises, notamment les camions de la société GTP Logistique, signalent une hausse de 30 % des coûts de carburant et des réparations. Le syndicat des chauffeurs, dirigé par Mamadou Diakité, a organisé une manifestation le 25 août 2026 à la station-service de Kankankoura, exigeant des travaux d’assainissement urgents. Les autorités locales, dont le gouverneur de la région de Kissidougou, Dr Sékou Kourouma, ont promis la réhabilitation du revêtement dès le mois de novembre, mais les fonds alloués restent insuffisants.
Face à la détérioration, plusieurs organisations non gouvernementales, telles que l’ONG « Routes et Vie », ont lancé une campagne de collecte de fonds visant à financer des travaux de drainage et de stabilisation du sol. Le président de l’ONG, Fatoumata Diallo, a déclaré le 2 septembre 2026 que « la mobilité des populations ne doit pas être sacrifiée au profit des intempéries ». Parallèlement, le ministère envisage d’introduire un service de ferries temporaires sur les sections inondées, une mesure testée auparavant sur la route Conakry‑Kindia.
Les prévisions météorologiques indiquent que la saison des pluies restera intense jusqu’en décembre 2026, ce qui prolonge l’urgence d’interventions concrètes. Les experts en infrastructure routière de l’Université de Conakry recommandent l’usage de revêtements bitumineux à haute résistance et la mise en place de canaux d’évacuation d’eau à chaque kilomètre. Si les travaux ne démarrent pas rapidement, le corridor Kankan‑Kissidougou risque de perdre son statut de lien vital pour le commerce intérieur et les échanges transfrontaliers avec la Sierra Leone, impactant ainsi l’économie régionale.
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