La chute d’un régime révèle presque toujours l’existence de réseaux informels : conseillers occultes, hommes d’affaires sans statut officiel, intermédiaires opérant dans l’ombre des palais présidentiels. La Guinée n’a pas échappé à cette règle sous le régime défunt, où des ressortissants étrangers gravitaient sans portefeuille ni mandat clair.
Karamjit Singh Virdi est de retour en Guinée. Selon une presse bamakoise, il aurait regagné le pays depuis un certain temps déjà, après avoir longtemps fait partie de cet essaim d’étrangers qui gravitaient autour de l’ancien président déchu, Alpha Condé.
Sous le régime défunt, les activités de cet homme demeuraient nébuleuses. Il n’occupait aucune fonction officielle, préférant œuvrer dans l’ombre, loin des projecteurs et des organigrammes, – un profil bas qui, déjà à l’époque, en disait long sur la nature réelle de son rôle. Après la chute du régime, il avait quitté la Guinée précipitamment, dans des conditions que personne n’a jamais éclaircies. Mais voilà qu’il est de retour, et depuis un bon moment déjà, selon cette même presse malienne qui n’hésite pas à jeter un doute sérieux sur la nature de ses activités dans la région.
Toujours selon ce média, Karamjit Singh Virdi serait soupçonné de menées louches, sinon de velléités inavouées. Aujourd’hui, mystère complet : pour qui roule-t-il ? Avec qui travaille-t-il ? Quelles sont ses activités réelles, et quel est, au juste, son centre d’intérêt sur le sol guinéen ? Vit-il de ses propres moyens, ou bénéficie-t-il encore de soutiens occultes hérités de l’ancien régime ? Son silence et sa discrétion, les mêmes qui caractérisaient déjà son passage sous Alpha Condé, ne font qu’accentuer le mystère plutôt que de le dissiper. Un homme qui ne dit rien, qui n’occupe aucune fonction visible, mais qui revient s’installer discrètement dans un pays qu’il avait fui : voilà qui a de quoi intriguer.
Faut-il y voir une simple coïncidence, ou le prolongement d’un réseau que l’on croyait démantelé avec la chute du régime déchu ? La question mérite d’être posée, tant les zones d’ombre autour de cet homme semblent s’accumuler plutôt que se dissiper avec le temps.
Somme toute, les nouvelles autorités ont pleinement le droit de regard sur les menées étrangères dans notre pays, à un moment où la paix et la stabilité politique et économique sont enfin de retour. La proximité passée de Karamjit Singh Virdi avec Alpha Condé pose légitimement des interrogations sur les motivations réelles de son retour à la sauvette sur notre sol, d’autant que l’ancien président continue, depuis l’étranger, de se réclamer président de la République. Dans ce contexte, il appartient aux services intérieurs de s’intéresser sans délai aux activités de cet homme dont le silence en dit peut-être plus long que ses actes.
Oui, un État a le droit et le devoir de savoir qui agit sur son territoire et pour quels intérêts. Les instruments existent : contrôle des séjours et des titres d’activité, veille des services intérieurs sur les flux financiers suspects, exigence de transparence dans les attributions de marchés, etc. Rien ne s’oppose à ce que ces mécanismes s’appliquent à tout étranger ayant entretenu des relations étroites avec l’ancien pouvoir. Ce n’est ni de la xénophobie, ni de l’acharnement, mais une exigence de transparence sur l’influence étrangère, comme cela cela se doit dans tous les pays normaux. Affaire à suivre !
Par Abou Billy Sidibé
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